Bobby Sixreader

Lectures jeunesse et ado

Tag: C’est ça que c’est bon !

A-A-A-A-Atchoum !

Non, ce blog n’est pas malade… Il prend simplement la poussière, pauvre pitou. Me revoilà donc, munie d’un plumeau multicolore et surtout de ce ravissant livre :

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A-A-A-A-Atchoum est arrivé chez nous par un canal un peu spécial : l’action combinée d’une bonne fée et de la Poste. Hé oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, les bonnes fées et le courrier postal existent toujours, et ça fonctionne plutôt bien, si si, je vous l’assure (enfin, les bonnes fées plus que la poste hein, il ne faut pas trop rêver non plus). Que la bonne fée concernée en soit chaleureusement remerciée : cet album ne cesse de nous enchanter.

Amos McGee (j’aimerais que vous entendiez Baby Six Reader prononcer son nom, Amos McGee, ou dire aaaaaaatchoum, c’est tout simplement délicieux – non non, ce n’est pas la mère ultra-gâteuse qui parle, pas-du-tout) est un gardien de zoo à la vie bien réglée. Son quotidien est émaillé d’un tas de petits rituels, chez lui comme au zoo. Au zoo, il n’oublie jamais de jouer aux échecs avec l’éléphant, de faire la course avec la tortue, de tenir compagnie au manchot… Jusqu’au jour où ***suspense insoutenable*** Amos tombe malade. Cloué au lit, il ne se rend pas au travail. Mais si tu ne vas pas aux animaux du zoo, les animaux du zoo viennent à toi. Eléphant, tortue, manchot, rhinocéros et hibou prennent le bus pour aller rendre visite à leur ami souffrant. Et les rôles s’inversent…

A-A-A-A-Atchoum est une très jolie histoire d’amitié, écrite par Philip C. Stead (mari), et servie par les adorables illustrations d’Erin E. Stead (femme). Il y a quelque chose d’extrêmement fin et doux dans le trait d’Erin Stead, comme si elle avait remplacé la mine de son crayon par un mélange de dentelle, de madeleines trempées dans une tisane de tilleul, de mots doux et de lectures au coin du feu. Enfin, c’est ce que moi, très personnellement, je trouve hein ; un ami de passage à la maison les a trouvées passablement angoissantes :o) Baby Sixreader, lui, en redemande encore et encore !

> Philip C. Stead et Erin E. Stead, A-A-A-A-Atchoum ! (éd. kaléidoscope) <

On ne parle pas de ça

La mort d’un enfant. Un sujet qui empoigne les tripes, tourne un peu vers la gauche, puis vers la droite, pour s’assurer qu’elles sont bien accrochées. D’autant qu’Eva Kavian, auteure d’« On ne parle pas de ça », ne ménage pas son lectorat en multipliant la peine par quatre : quatre jeunes décèdent dans ce court roman, laissant leur entourage hébété, et surtout leurs parents « orphelins » (le mot pour désigner un parent qui survit à son enfant resterait encore à trouver, allez hop hop hop, au boulot les gens).

Je vous entends d’ici mes coquinous : « la mort de quatre enfants, ohlalalalaaa, ça pue le tire-larmichettes facile ça, taïaut ». Sauf que pas du tout. Eva Kavian est une routarde, le « sujet qui gratte bien abordé franco mais avec finesse quand même non-mais-oh on n’est pas des brutes ici » est l’une de ses marques de fabrique (voir « Ma mère à l’Ouest », ou « Premier chagrin », ou « La dernière licorne »…). Ici, elle fait de nouveau mouche. « On ne parle pas de ça » secoue le corps et élargit le regard. Son rythme vif, nerveux, ballotte le lecteur comme une boule de flipper (qui rouuule… oups). Sa narration distanciée, jouant autant avec les codes qu’avec le lecteur, et son humour, politesse désespérée, ménagent d’intelligentes et fort appréciables zones de décompression :

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Comment parler de l’imparlable, cette douleur immense à traîner au quotidien ? Eva Kavian le fait par petites touches, à travers des personnages assez banals pour frôler l’universel, assez particuliers pour faire leur vie dans le dos de l’auteure et s’adresser directement au lecteur… « On ne parle pas de ça » mais, tout, les gestes, les regards, ne font qu’en parler. Sur ce, ça suffit, j’arrête moi-même d’en parler et je vous invite à lire ce beau roman.

> Eva Kavian, On ne parle pas de ça (éd. Oskar) <

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Bric-à-Brac

Je suis tombée sous le charme de Maria Jalibert il y a une petite dizaine d’années. Son univers graphique, son imaginaire et son humour m’ont durablement touchée. Alors, quand j’ai su que l’un de ses projets avait été publié chez Didier jeunesse, j’ai foncé. Pour moi d’abord, mais aussi pour Baby Sixkiller, plus tard. Vu la taille de l’album (plus ou moins la moitié d’un B6K debout), son poids et son papier (souple, trop souple pour des mains habituées à des livres cartonnés), j’avoue ne même pas avoir pensé à le lui montrer.

Me voilà donc, de retour de la librairie (une librairie indépendante à Namur, il y a deux excellentes librairies indépendantes à Namur, Point Virgule et Papyrus, qu’on se le dise et qu’on les soutienne). Je pose mes achats sur la table du salon, je prends B6K dans mes bras et là… B6K s’agite. Il râle, tend le bras. Je suis fraîchement diplômée en langage B6K, mais quand même, il me faut un peu de temps avant de comprendre qu’il veut… ÇA :

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J’hésite un peu. Le livre est tout neuf, il n’a pas coûté deux francs six sous, je suis une maniaque invétérée dont l’un des plaisirs minuscules est d’arriver à lire un ouvrage sans l’abîmer (mieux : on ne doit y voir que du feu)… Bref, j’avale difficilement ma salive. Mais, d’un autre côté, j’ai toujours trouvé dommage (pour ne pas dire énervant) d’entendre des personnes s’exclamer : « Roooh, ce livre est trop beau pour un enfant ! ». À cette pensée, je n’hésite plus longtemps. Je prends le livre, je m’installe avec B6K sur le canapé et nous commençons à le parcourir ensemble. J’ai fait le bon choix : sa joie est énorme et il se révèle très précautionneux. À chaque page, sa surprise : des jouets réunis et agencés selon des critères délicieusement fantaisistes. B6K rit, montre du doigt, s’étonne… Et moi je me réjouis de l’observer.

B6K Bric-a-Brac from Bobby Sixreader on Vimeo.

Depuis, B6K consulte régulièrement cet album. Avec lui, il a appris entre autres à manipuler des pages souples et à dire auweboir. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup 😉 Il ne me reste plus qu’à remercier Maria Jalibert, pour le plaisir et les bienfaits que son Bric-à-Brac nous a apportés ! A ciao bonsoir, comme dirait l’autre.

> Bric-à-Brac de Maria Jalibert (éd. Didier jeunesse) <

Mes petits imagiers sonores

Un beau jour (ou peut-être une nuit… OK j’arrête), une grande amie (appelons-la Tata Sixkiller ou T6K) offre un livre à mon petit garçon (Bébé Sixkiller ou B6K). Elle me dit : « Bobbyyy !!! On a reçu ce livre par erreur à la librairie (NDLA : T6K est une excellente libraire jeunesse, rousse de surcroît), je crois qu’il est portugais (NDLA : je suis d’origine portugaise, comme ça vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais prévenu•e•s). » Je regarde le livre et je lui réponds : « Euh, c’est adorable, mais c’est pas du portugais. » S’ensuit une enquête digne des Experts à Baisy-Thy (dissection et dépixellisation du colophon) et le voile est levé : le livre est catalan. La famille Sixkiller ne parle pas un mot de catalan, mais c’est une dingue, elle s’en fout. Une autre amie (appelons-la Rosemonde, c’est joli et ça lui va bien) nous a déjà offert un livre en tchèque alors que nous ne parlons pas un mot de tchèque, donc même pas peur. Bref. À plus ou moins dix mois, B6K découvre ce livre, avec les yeux, les doigts et les dents :

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Miam ! Un livre !

L’état du livre parle de lui-même. Le principe de la collection est tout simple : chaque double-page contient un son à activer grâce à une cellule. B6K a très vite compris et apprécié le truc (mon enfant, ce génie interstellaire). Depuis, la collec’ s’est agrandie.

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Ouais, on a un super toboggan d’intérieur, merci bien.

Après enquête (oui, je sais, je devrais vraiment rejoindre la brigade des Experts à Baisy-Thy), j’ai appris que cette collection a un succès énorme auprès des bambins. Succès amplement mérité : les livres sont beaux et bien faits, les illustrations de Marion Billet délicieusement naïves et rigolotes, et les sons de bonne qualité. Argument de poids pour les parents qui en ont ras-les-oreilles : les dernières versions sont dotés d’un bouton on/off 🙂

Je n’ai que deux regrets. Le premier : l’un de nos volumes ne fonctionne plus qu’à moitié (B6K a fortement apprécié, entre autres, l’introduction de la 5e Danse hongroise de Brahms… Ça brise mon cœur de maman poule à chaque fois qu’il touche avec enthousiasme une cellule, en vain). Deuxième regret : le volume « Où est bébé tigre ? ». Quand B6K a repéré ce livre en librairie, il a poussé un cri de joie digne de ceux de sa maman. En bonne mère indigne et consumériste, je l’ai acheté (non sans l’avoir testé avant et effrayé des clients de la librairie avec des cris d’éléphant :D). Malheureusement, les rabats placés dans ce livre sont fragiles. B6K les a rapidement décollés. Et, juste pour pinailler (oui, je suis une pinailleuse, il faut vous y habituer ou passer votre route), les sons utilisés dans cet opus se retrouvent dans d’autres ouvrages de la collection. Dommage. Voilà, la minute pisse-froid est passée. Ah, ça fait du bien.

Et maintenant, B6K donne de son adorable personne pour vous montrer que c’est vachement bien… Harmonica !

B6K Imagiers sonores from Bobby Sixreader on Vimeo.

> Mes petits imagiers sonores, illustrations de Marion Billet, éd. Gallimard Jeunesse <

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